Les Aventures de Kroumir et Kuillèrh – #1 Prom’nons nous dans les bois

 

Kroumir et Kuillèrh, nains braillards débraillés, sont à l’origine deux PNJ* créés pour une partie de jeux de rôles (AD&D).

Ayant bravement servi de boucliers humains cabossés pour le compte d’ignobles PJs*, ils ont d’un commun accord décidé d’éviter les fumbles* perpétrés par cette bande de joueurs. Les deux comparses allèrent alors voir une vieille naine décatie et boiteuse qui, par un coup de cuillère magique poisseuse dans la tronche, leur rendit leur liberté.

Depuis, ils se sont faits la malle et vivent leurs conn…euh, aventures de leur côté ! Eh ouais !

 

 

First shot ! Enjoy it !

 

Et si tu veux suivre leurs aventures sur FB, c’est par là : Les Aventures de Kroumir et Kuillèrh

#omelettedeouf #monstrefongique #fongicèpeforestier #nainàpoêle

 

Lexique :

PJ = Personnages Joueurs

PNJ = Personnages Non Joueurs

Fumble = échec critique, ça craint.

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La Chronique de la Chopine (II) – Une mission, c’est sacré !

Vous l’attendiez tous,…enfin presque tous,…ouais, bon d’accord, quelques-uns ! Mais vous là, qui avez bravé le premier chapitre et en redemandez, je sens qu’une situation de manque s’est installée : mains moites, jambes flageolantes, front fiévreux, sensation de malaise et envie soudaine de manger des « râpées »… Et bien soyez rassuré, car la suite, elle est là, sur la Taverne rien que pour vous au moment du café.

Voici donc le chapitre 2 de ces aventures « rocamburlesques » en espérant que vous apprécierez.

Bonne lecture !

DarwinFugu

 

La Chronique de la Chopine (II) : Une mission, c’est sacré !

Le chef avait été clair sur son destin au S.I.E.S.T. s’il échouait… « Une corde et un nœud…», avait-il dit d’un air lugubre. Darwinfugu était ennuyé. Matthieu Sthaw n’avait pas été très loquace, mais le Darw n’était pas chaud pour aller attraper les veaux au lasso dans une ferme pour le reste de sa vie – et pour un elfe, ça fait long !

Mais bon, si le boss le souhaitait, mieux valait se reconvertir en vacher qu’en condamné à mort pour haute trahison.

On lui avait donné une mission, il la remplirait au mieux de ses capacités. Le but de celle-ci n’était pas très clair pour lui, mais cela semblait important…et urgent. Un bon coup de collier ! Ouep, y avait que ça à faire, un bon coup de collier et il pourrait reprendre des activités plus lucratives. Et comme pour allier la pensée à l’action, il apostropha une personne au fond de la pièce enfumée où il se trouvait :

Le Darw, fin client - « Ooooooh ! Où est le patron de ce bouibouis, bordel ? Vous me remettez la petite sœur de celle-ci ? J’ai l’impression d’avoir avaler une salière…Et pas une bière sans alcool, sinon je t’ouvre le bide avec mon opinel rouillé et je fous le feu à ton estaminet à cagaudes. T’as compris, badabeu* ? Fais vite, j’ai soif. Et un long travail m’attend».

René l’aubergiste – « Corne aux gonades ! Mon bon monsieur, une soif comme la vôtre, j’en voudrais plus souvent dans ma taverne. Sauf votre respect seigneur, vous êtes la meilleure boge* que j’ai vue depuis longtemps…Vous êtes en train de décimer ma réserve familiale » dit-il avec un grand sourire alors qu’il ramenait une bière à son meilleur cule* du mois.

Le Darw, fin bien – « Allez, bouge-toi les miches au lieu de raconter autant de conneries, j’aurais eu dix fois le temps d’aller honorer ta poutrasse* de serveuse dans l’arrière salle ! C’est ton jour aujourd’hui, j’irai pas plus loin. C’est ma dernière « petite sœur ». Je dois décaniller* dans l’heure de ton établissement à saccarauds*… ».

En bon connaisseur des us et coutumes des bars et autres lieux de perdition, il ponctua sa phrase d’un immonde glaviot dans le crachoir.

Lorsqu’il sortit de l’auberge de Bieaurivage, les soleils étaient déjà hauts dans un ciel limpide. Le Darw souriait. Ses oreilles frétillèrent au contact de la chaleur solaire. Il évacua ses idées de baignade et de course éperdue tout nu sur le sable de la baie de Bieaurivage…Il secoua la tête…Non, non, non. Allez hop, ni une ni deux, il devait faire vite. Conscient de l’urgence de son affaire, Darw sortit tout l’équipement dont il avait besoin…

Eh oui, il fallait se dépêcher sinon les mérous du coin auraient décampé dans quelques heures. Et il avait tout pour ramener de bonnes prises.

Darwinfugu n’était pas un pêcheur du dimanche. Il installa sa chaise pliante en bordure de mer profitant de l’ombre d’un pin. Il coiffa son superbe bob d’une célèbre marque de boisson anisée qui lui permettait de se fondre dans la masse des autochtones, ces amateurs de pêche qui commençaient à se masser sur le port de Biaurivage. Armé de sa canne à pêche-opinel gyromécanique gnome, Darwinfugu sortit de bons gros et gras asticots d’une goule d’élite qu’il avait récupéré tantôt aux Malvaux – ou était-ce Sombrecombe ? – et lança sa ligne.

Il allait pouvoir passer à l’essentiel maintenant. Sa besace était pleine, il fallait la délester un peu en prévision du long voyage qui l’attendait. Le Darw se fit péter une ou deux bières tirées de sa réserve spéciale de Feuilletourbe et fit griller quelques saucisses d’araignée pour les accompagner. Le pied quoi !

Les premières prises furent maigres : une superbe plante aquatique, deux thons en boîte à la tomate et une caisse engloutie toute pourrie qui contenait de boîtes de vieux clous rouillés estampillés au fer à T. Tanick…Cargaison d’un navire inconnu.

Alors qu’il était perdu dans ses pensées, il sentit la ligne se tendre… « Enfin ! Une prise qui envoie du gros ! Miam ! ». Il moulina pour ramener la proie. La ligne était tendue à l’extrême. Il campa solidement les deux pieds, bien décidé à lutter pour ramener la seule vraie prise de sa partie de pêche. Le Darw eut un sourire carnassier. La lutte s’annonçait rude. Il moulina de la canne, perdit du terrain et donna un peu de jeu. La ligne se retendit. En équilibre précaire, il moulina du bras pour ne pas tomber à l’eau…

Le contact de l’eau froide lui fit l’effet d’une décharge électrique, comme la fois où il s’était pris une chaîne d’éclairs dans la tronche par un connard de magicien indisposé par la présence d’un voleur indélicat dans son laboratoire…

Darwinfugu crut avoir des visions sous l’eau. Peut-être que le soleil avait tapé fort sur sa caboche…Ou alors la saucisse d’araignée était un peu faisandée…Mais bon sang, c’était un couillon de druide sous sa forme aquatique qui était en train de le traîner dans l’eau…

Pas de doute là-dessus, ce n’était pas un animal normal, il portait un couvre chef en cuir très nature, une ramure de cerf. Ce maudit protecteur de la nature, suceur de racines et amateur d’asticots à ses heures semblait prendre son pied à le trimbaler de-ci de-là dans l’eau. Darw se promit de lui faire avaler ses bois de cerf qui lui servait de casque à ce merdeux de coureur des forêts.

Le Darw avait le cul mouillé, certes, mais bordé de nouilles…Il se fit repêcher par la navette Auberlieu-Les Poluns qui le ramena à bon port. Et au sec ! Son instinct de couard lui fit tout de suite ressentir que le vent était en train de tourner. Un vent mauvais.

Un comité d’accueil l’attendait et ça ne sentait guère la rose. Tiens d’ailleurs, ça puait l’ours mouillé… Un druide sous sa forme ursidée était en train de s’ébrouer sur le quai.

Sans plus de préambule, il reprit apparence humaine. Et se révéla être une druidesse. Elle portait l’insigne du S.I.E.S.T., une plume d’édredon croisée d’une dague. Le voleur sentit comme une crise hémorroïdaire le démanger brusquement.

Celle-ci attendait patiemment que Darw daigne descendre du bateau.

La drood, « force verte » et poing de la nature – « Bonjour Agent Darwinfoufou, j’espère que l’eau n’était pas trop froide », dit-elle avec malice, « mais permettez moi tout d’abord de me présenter, agent Lessien dit « Nounours ». Nous n’avons pas encore eu l’insigne honneur de travailler ensemble mais sachez que je connais la plupart de vos frasques. Et je dois ajouter que nous vous avons à l’œil depuis votre départ du S.I.E.S.T. Averti par pigeons voyageurs, le boss est certainement en train de sortir de ses gonds. Mais qu’est-ce que vous êtes encore en train de faire !??? Au S.I.E.S.T., on est pas payé à dormir ! Faut vous le déclamer en trogg des cavernes pour que vous compreniez ? Vous d’vez vraiment vouloir tâter de la corde…! »

Darw poussa un soupir. « Ca y est, encore cette histoire de lasso qui revient sur le tapis »…Il était pas fait pour garder des vaches, des moutons plutôt…et puis il aurait fabriqué des vestes en laine de bouc dans un petit coin tranqui…

Lessien, poings sur les hanches et points sur les i – « Oh, vous m’écoutez ? Je suis chargée par qui vous savez de vous « escorter » jusqu’aux profondeurs de la Mont Noireroche…Vu que vous n’êtes même pas foutu d’y aller seul, je vous servirai de guide »

Darw – « Eh oh, c’est bon hein, j’peux me débrouiller ! J’ai pas besoin d’un garde chiourme… »

Lessien, de nature à mettre des poings dans la gueule – « Vous n’avez pas le choix, c’est un ordre, agent ! Et vous ne regretterez rien, je suis une aventurière aguerrie dans la restauration des bles… ».

« Spé Restau ? Miam ! Y a bon ça, le Darw il est content ! »

Darw – «Eeeeh cool ! Quand est-ce qu’on mange ?

PS : Toi aussi tu veux parler le Darw ? Alors jette-toi sur ce petit lexique pour le prix modique d’une bonne bière de Feuilletourbe.

Lexique gaga stéphanois -> français

– Badabeu : Benêt

- Boge : hic…

- Cule : Soudard

- Décaniller : Décamper

- Poutrasse : femme un peu trop maquillée

- Saccaraud : un peu saccageur, qui n’est pas soigné avec ses affaires

La suite, c’est par içi :  :)

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La Chronique de la Chopine (I) – Bois vert, S.I.E.S.T. et ragondin

Prologue

Bienvenue à l’Alamb’hic, voyageur, m’avez l’air d’avoir fait une longue route.  J’vous saurais gré de garder vos grolles pour l’instant. Rapport à l’odeur, v’voyez…

Pendant que vous videz votre godet d’hypocras, j’men va’vous conter une p’tite histoire de derrière les fagots. Un genre de conte de fées où des nains en slip de bain remplacent la belle princesse, où des roublards adeptes de la filoche détrônent le vil dragon pas beau et où les fûts de bière de Feuilletourbe sont plus faciles à trouver que les verres de p’tit lait.

Une histoire de chopine ! Oui, mon bon !

« Chopine« …alors forcément s’éveille en vous l’image d’un nain ivrogne, court sur pattes, aux oreilles poilues, la barbe trempant lamentablement dans sa chope de bière, au fond d’un des rades les plus crades de la côte…

Ben c’est pas loin somme toute, la « Chopine », c’est moi, votre serviteur, Darwinfugu aka Darw, roublard de son état et soudard par vocation…

‘Fin bref…

Tout a commencé il y a quelques années, alors que j’étais au service du S.I.E.S.T. de Châteausuif…

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La chronique de la Chopine (I) : Bois vert, S.I.E.S.T. et ragondin

Châteausuif, capitale du royaume des Hommes du Nérée.

Bureau du S.I.E.S.T., siège du Service d’Intelligence, d’Espionnage assez STupéfiant.

4ème heure après le lever du soleil et du passage des gandous*.

En bref tôt, très tôt….

 

 

Mathieu Sthaw – « Agent Darwinfouflou, veuillez entrer je vous prie », ponctuant sa phrase d’un silence pesant.

« Mon cher, je n’irai pas par quatre chemins, bien qu’une seule trajectoire semble convenir à votre comportement actuel : celle de mon pied dans votre postérieur elfique… »

 

M. Sthaw, le directeur du S.I.E.S.T. – alias « M.ST » – était entouré du « Krisss » son éternel larbin de service, gobelin sans vergogne assigné aux plus sombres tâches. Les traits tirés, ils étaient tous les deux visiblement préoccupés.

A ces mots, Darwinfugu dressa les oreilles – qu’il avait grandes – et opina du chef en direction de son boss. Lui qui n’avait jamais aimé la hiérarchie militaire, il allait en prendre pour son grade…

 

Il referma délicatement la porte et s’installa sur le siège que « M.ST » lui présentait. Darwinfugu laissa échapper un soupir furtif. « Cornecoui…et flûte ! Encore une volée de bois vert dans ma tronche…et de bon matin qui plus est. Erf ! ». Apparemment, ça n’était pas son jour, surtout avec la biture qu’il avait prise hier soir à l’auberge du Poney Défringué.

Ses oreilles bourdonnaient. Des pics et des pioches s’étaient confortablement installés dans son affreuse caboche dépenaillée. L’elfe relâcha son attention un instant.

 

Puis fût saisi tel un bon morceau de viande dans la poêle du carnassier.

 

Mathieu Sthaw - « Bon dieu, Darwinfumasse mais qu’est-ce que vous foutez ? Vous voulez saper la crédibilité de notre organisation ou quoi ?

 

M.ST tapota nerveusement la table…

Darw leva les yeux au plafond…

Mathieu Sthaw joua négligemment avec la lame de son déchireur d’orcs…

Darw regarda le plancher…

Mathieu Sthaw vérifia la propreté de son fusil de manufacture naine…

Darw regarda sous sa chaussure, pour voir s’il n’y avait pas un chewing-gum collé dessous…

Mathieu se gratta nerveusement l’entrejambe. Il avait chopé des parasites dans un lupanar proche de la caserne de Châteausuif. Mais ceci est une autre histoire…

« Le Krisss » poussa un grognement qui mit fin à ce petit manège.

 

Mathieu Sthaw – « Vous ne voyez vraiment pas de quoi je parle ?…Laissez-moi vous rafraîchir la mémoire…

Je passerai rapidement sur les quatre bagarres de taverne des deux dernières semaines, les multiples ardoises que vous y avez laissées, les vols de troncs d’église à Biaurivage et à Sylvefenouil, Buzz « l’éclate » l’agent du S.I.E.S.T. pendu par les pieds que vous avez confondu avec un brigand, la bastonnade en règle de deux paladins nains venus chercher dons et friandises pour les enfants d’un orphelinat… »

 

Darwinfugu – « Merde quoi…C’était pas des bonbons qu’ils voulaient, mais mon pack de bière de Feuilletourbe… »

 

Mathieu Sthaw - « Suffit !!!…Vous commencez sérieusement à me casser les nouilles avec vos chinoiseries. Laissez-moi finir !

Il y a plus grave. Nous sommes au courant de vos activités illégales, Agent Darwinfougasse : braconnage et trafic de peaux de ragondin avec l’un des peuples des souterrains, les Nains Gueulenoire dits « Noirauds »…

Rassurez moi ! Vous n’êtes pas sans savoir que les Gueulenoire sont nos adversaires ? Si ? »

En l’absence de réponse, celui-ci enchaîna.

 

« Vous me désespérez parfois…

Quoi qu’il en soit, vous traitez avec l’ennemi ! Et êtes à deux doigts de vous retrouver face à une cour martiale très partiale pour ça. Vous percutez mon cher ? Et si vous n’étiez pas protégé par qui-vous-savez cela ferait longtemps que je vous aurais personnellement foutu dehors ! »

 

Le Darw fit signe que oui de la tête même s’il n’avait pas tout compris. Et faut bien avouer qu’un ciboulot dans le postérieur un matin d’après beuverie n’aide en rien. Autant brosser le chef dans le sens du poil…

 

Mathieu Sthaw – « Malgré tout vous pouvez éviter les emmerdes en nous rendant un menu service…

 

Ne vous inquiétez pas – et ça me fait mal au fion de le dire, mais – avec votre expérience des tavernes, vous êtes presque l’homme de la situation. Oh, vous n’êtes pas le seul soudard au S.I.E.S.T, mais « Rob l’éponge » est en train de s’essorer le foie dans le froid d’un sanatorium des Monts d’Hiver et « Jo Trois mains » s’est pété l’auriculaire en se cousant une paire de mitaines inimitables non mitées.

Bref, pour résumer, vous êtes le seul agent disponible…

 

Vous voilà missionné pour nous ramener une arme assez spéciale. Nous voulons en équiper nos jeunes recrues, mais pour que nos forgerons puissent la fabriquer en quantité, il nous faut un original. On ne la trouve que dans une auberge du Mont Noireroche tenue par un gnome lépreux – à ce qu’on dit. Et puisque vous n’en êtes pas à votre première connerie, je préfère vous prévenir de suite. Cette fois-ci, discrétion absolue !

 

Approchez Agent Darwinguguss, voilà comment vous allez procéder… ».

 

 

 

La suite, c’est par içi :

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