La Chronique de la Chopine (II) – Une mission, c’est sacré !

Vous l’attendiez tous,…enfin presque tous,…ouais, bon d’accord, quelques-uns ! Mais vous là, qui avez bravé le premier chapitre et en redemandez, je sens qu’une situation de manque s’est installée : mains moites, jambes flageolantes, front fiévreux, sensation de malaise et envie soudaine de manger des « râpées »… Et bien soyez rassuré, car la suite, elle est là, sur la Taverne rien que pour vous au moment du café.

Voici donc le chapitre 2 de ces aventures « rocamburlesques » en espérant que vous apprécierez.

Bonne lecture !

DarwinFugu

 

La Chronique de la Chopine (II) : Une mission, c’est sacré !

Le chef avait été clair sur son destin au S.I.E.S.T. s’il échouait… « Une corde et un nœud…», avait-il dit d’un air lugubre. Darwinfugu était ennuyé. Matthieu Sthaw n’avait pas été très loquace, mais le Darw n’était pas chaud pour aller attraper les veaux au lasso dans une ferme pour le reste de sa vie – et pour un elfe, ça fait long !

Mais bon, si le boss le souhaitait, mieux valait se reconvertir en vacher qu’en condamné à mort pour haute trahison.

On lui avait donné une mission, il la remplirait au mieux de ses capacités. Le but de celle-ci n’était pas très clair pour lui, mais cela semblait important…et urgent. Un bon coup de collier ! Ouep, y avait que ça à faire, un bon coup de collier et il pourrait reprendre des activités plus lucratives. Et comme pour allier la pensée à l’action, il apostropha une personne au fond de la pièce enfumée où il se trouvait :

Le Darw, fin client - « Ooooooh ! Où est le patron de ce bouibouis, bordel ? Vous me remettez la petite sœur de celle-ci ? J’ai l’impression d’avoir avaler une salière…Et pas une bière sans alcool, sinon je t’ouvre le bide avec mon opinel rouillé et je fous le feu à ton estaminet à cagaudes. T’as compris, badabeu* ? Fais vite, j’ai soif. Et un long travail m’attend».

René l’aubergiste – « Corne aux gonades ! Mon bon monsieur, une soif comme la vôtre, j’en voudrais plus souvent dans ma taverne. Sauf votre respect seigneur, vous êtes la meilleure boge* que j’ai vue depuis longtemps…Vous êtes en train de décimer ma réserve familiale » dit-il avec un grand sourire alors qu’il ramenait une bière à son meilleur cule* du mois.

Le Darw, fin bien – « Allez, bouge-toi les miches au lieu de raconter autant de conneries, j’aurais eu dix fois le temps d’aller honorer ta poutrasse* de serveuse dans l’arrière salle ! C’est ton jour aujourd’hui, j’irai pas plus loin. C’est ma dernière « petite sœur ». Je dois décaniller* dans l’heure de ton établissement à saccarauds*… ».

En bon connaisseur des us et coutumes des bars et autres lieux de perdition, il ponctua sa phrase d’un immonde glaviot dans le crachoir.

Lorsqu’il sortit de l’auberge de Bieaurivage, les soleils étaient déjà hauts dans un ciel limpide. Le Darw souriait. Ses oreilles frétillèrent au contact de la chaleur solaire. Il évacua ses idées de baignade et de course éperdue tout nu sur le sable de la baie de Bieaurivage…Il secoua la tête…Non, non, non. Allez hop, ni une ni deux, il devait faire vite. Conscient de l’urgence de son affaire, Darw sortit tout l’équipement dont il avait besoin…

Eh oui, il fallait se dépêcher sinon les mérous du coin auraient décampé dans quelques heures. Et il avait tout pour ramener de bonnes prises.

Darwinfugu n’était pas un pêcheur du dimanche. Il installa sa chaise pliante en bordure de mer profitant de l’ombre d’un pin. Il coiffa son superbe bob d’une célèbre marque de boisson anisée qui lui permettait de se fondre dans la masse des autochtones, ces amateurs de pêche qui commençaient à se masser sur le port de Biaurivage. Armé de sa canne à pêche-opinel gyromécanique gnome, Darwinfugu sortit de bons gros et gras asticots d’une goule d’élite qu’il avait récupéré tantôt aux Malvaux – ou était-ce Sombrecombe ? – et lança sa ligne.

Il allait pouvoir passer à l’essentiel maintenant. Sa besace était pleine, il fallait la délester un peu en prévision du long voyage qui l’attendait. Le Darw se fit péter une ou deux bières tirées de sa réserve spéciale de Feuilletourbe et fit griller quelques saucisses d’araignée pour les accompagner. Le pied quoi !

Les premières prises furent maigres : une superbe plante aquatique, deux thons en boîte à la tomate et une caisse engloutie toute pourrie qui contenait de boîtes de vieux clous rouillés estampillés au fer à T. Tanick…Cargaison d’un navire inconnu.

Alors qu’il était perdu dans ses pensées, il sentit la ligne se tendre… « Enfin ! Une prise qui envoie du gros ! Miam ! ». Il moulina pour ramener la proie. La ligne était tendue à l’extrême. Il campa solidement les deux pieds, bien décidé à lutter pour ramener la seule vraie prise de sa partie de pêche. Le Darw eut un sourire carnassier. La lutte s’annonçait rude. Il moulina de la canne, perdit du terrain et donna un peu de jeu. La ligne se retendit. En équilibre précaire, il moulina du bras pour ne pas tomber à l’eau…

Le contact de l’eau froide lui fit l’effet d’une décharge électrique, comme la fois où il s’était pris une chaîne d’éclairs dans la tronche par un connard de magicien indisposé par la présence d’un voleur indélicat dans son laboratoire…

Darwinfugu crut avoir des visions sous l’eau. Peut-être que le soleil avait tapé fort sur sa caboche…Ou alors la saucisse d’araignée était un peu faisandée…Mais bon sang, c’était un couillon de druide sous sa forme aquatique qui était en train de le traîner dans l’eau…

Pas de doute là-dessus, ce n’était pas un animal normal, il portait un couvre chef en cuir très nature, une ramure de cerf. Ce maudit protecteur de la nature, suceur de racines et amateur d’asticots à ses heures semblait prendre son pied à le trimbaler de-ci de-là dans l’eau. Darw se promit de lui faire avaler ses bois de cerf qui lui servait de casque à ce merdeux de coureur des forêts.

Le Darw avait le cul mouillé, certes, mais bordé de nouilles…Il se fit repêcher par la navette Auberlieu-Les Poluns qui le ramena à bon port. Et au sec ! Son instinct de couard lui fit tout de suite ressentir que le vent était en train de tourner. Un vent mauvais.

Un comité d’accueil l’attendait et ça ne sentait guère la rose. Tiens d’ailleurs, ça puait l’ours mouillé… Un druide sous sa forme ursidée était en train de s’ébrouer sur le quai.

Sans plus de préambule, il reprit apparence humaine. Et se révéla être une druidesse. Elle portait l’insigne du S.I.E.S.T., une plume d’édredon croisée d’une dague. Le voleur sentit comme une crise hémorroïdaire le démanger brusquement.

Celle-ci attendait patiemment que Darw daigne descendre du bateau.

La drood, « force verte » et poing de la nature – « Bonjour Agent Darwinfoufou, j’espère que l’eau n’était pas trop froide », dit-elle avec malice, « mais permettez moi tout d’abord de me présenter, agent Lessien dit « Nounours ». Nous n’avons pas encore eu l’insigne honneur de travailler ensemble mais sachez que je connais la plupart de vos frasques. Et je dois ajouter que nous vous avons à l’œil depuis votre départ du S.I.E.S.T. Averti par pigeons voyageurs, le boss est certainement en train de sortir de ses gonds. Mais qu’est-ce que vous êtes encore en train de faire !??? Au S.I.E.S.T., on est pas payé à dormir ! Faut vous le déclamer en trogg des cavernes pour que vous compreniez ? Vous d’vez vraiment vouloir tâter de la corde…! »

Darw poussa un soupir. « Ca y est, encore cette histoire de lasso qui revient sur le tapis »…Il était pas fait pour garder des vaches, des moutons plutôt…et puis il aurait fabriqué des vestes en laine de bouc dans un petit coin tranqui…

Lessien, poings sur les hanches et points sur les i – « Oh, vous m’écoutez ? Je suis chargée par qui vous savez de vous « escorter » jusqu’aux profondeurs de la Mont Noireroche…Vu que vous n’êtes même pas foutu d’y aller seul, je vous servirai de guide »

Darw – « Eh oh, c’est bon hein, j’peux me débrouiller ! J’ai pas besoin d’un garde chiourme… »

Lessien, de nature à mettre des poings dans la gueule – « Vous n’avez pas le choix, c’est un ordre, agent ! Et vous ne regretterez rien, je suis une aventurière aguerrie dans la restauration des bles… ».

« Spé Restau ? Miam ! Y a bon ça, le Darw il est content ! »

Darw – «Eeeeh cool ! Quand est-ce qu’on mange ?

PS : Toi aussi tu veux parler le Darw ? Alors jette-toi sur ce petit lexique pour le prix modique d’une bonne bière de Feuilletourbe.

Lexique gaga stéphanois -> français

– Badabeu : Benêt

- Boge : hic…

- Cule : Soudard

- Décaniller : Décamper

- Poutrasse : femme un peu trop maquillée

- Saccaraud : un peu saccageur, qui n’est pas soigné avec ses affaires

La suite, c’est par içi :  :)

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